Le travail de mon père, magasinier dans une usine de conserves de légumes, faisait qu'il lui était impossible de prendre des vacances l'été, ce que je comprenais parfaitement.
Je redoutais chaque rentrée, où on nous faisait faire invariablement la même rédaction : "racontez votre été". Youpi tralala. Tout ce que j'avais à raconter n'était certes pas nos (forcément fabuleuses) vacances en famille, mais comment je trompais le temps en jouant avec mes petits voisins quand eux n'étaient en colonie de vacances, en centre aéré ou à la campagne ou je ne sais où chez leurs grands-parents.
Parce que de grands-parents, je n'en ai jamais eu, ils sont morts avant ma naissance. Les colonies de vacances ou le centre aéré, je n'en voulais pas pour diverses raisons qui étaient, en vrac et sans entrer dans les détails : une source d'angoisse pour moi dont la mère me disait si empotée et peu sociable, retrouver pendant les vacances d'été les mêmes têtes qu'à l'école (à quoi servent les vacances si ce n'est pour faire une coupure avec cette prison ennuyeuse à mourir), une façon pour ma mère de m'occuper sans avoir rien à faire, et surtout, surtout, PAS des vacances en famille. Déjà que je suis fille unique...
Je crevais d'envie ou plutôt de frustration en voyant ces films, chaque été, qui parlaient de vacances à la plage, en camping, en famille. Et en entendant mes petits camarades parler des vacances chez papy et mamie où on sentait une complicité, imaginant tout un monde que je ne connaîtrais jamais, ou du camping, ou allaient à l'autre bout de la France visiter des coins que je m'imaginais forcément merveilleux parce qu'ailleurs.
Une fois adulte, il s'est passé du temps avant qu'on puisse, mon homme et moi, partir en vacances. Après une période de chômage, nous avons chacun trouvé un travail et s'il s'agissait pour moi d'un CDI, pour lui il s'agissait d'être prof remplaçant, avec aucune garantie d'avoir un travail - du moins sur le long terme - l'année scolaire suivante.
Puis il a eu son concours, autant dire un CDI, donc à nous, en fin, une vie plus stable.
Et la possibilité depuis 2009 de partir une semaine chaque été. Ce sont ces quelques semaines que e propose de partager. Alors ne vous attendez pas à des voyages extraordinaires, nous n'avons pas l'un et l'autre une âme de baroudeurs (et on est un peu flemme aussi).
Pour le moment, on reste en France. Mais si vous saviez à quel point on apprécie de sortir de notre chez-nous, vous comprendrez que pour le moment, ça nous suffit amplement.
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